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[Interview] Gilles Dyrek – « L’improvisation est à la portée de tous ! »

Les formateurs de Symbiosis Consultants sont de plus en plus sollicités pour des questions de « lâcher prise » ou d’improvisation dans le cadre de prises de parole en public. Gilles Dyrek est un expert de la question. À travers son témoignage, découvrez en tant que speaker, ce que peut vous apporter l’improvisation.

 

[Interview] Gilles Dyrek - "L’improvisation est à la portée de tous !"

 

Bonjour Gilles. Pour commencer, parlez-nous un peu de vous.
Je suis comédien, metteur en scène et auteur. J’ai monté notamment le spectacle « La touche étoile », qui se joue depuis 17 ans et qui est très demandé en séminaires. J’ai rencontré Jean-Gilles Barbier sur un tournage. Il m’a proposé d’animer des formations et des stages d’initiation à l’improvisation pour Symbiosis. Je navigue entre mes mises en scène, l’écriture de pièces et de séries, et mes ateliers d’improvisation. Cela fait 20 ans que je travaille pour Symbiosis Consultants.

 

Quelle est votre vision de l’improvisation ? Quels objectifs poursuivez-vous au travers des stages ?
J’utilise l’improvisation dans les formations, et j’anime surtout des stages d’improvisation. Ce sont des ateliers sur quelques heures, une journée, voire plusieurs jours. Ils sont très demandés en séminaire d’entreprise, car c’est un moment ludique, de détente ; un moment fédérateur. Cela développe la créativité, l’aisance, le culot, le fait d’oser : des éléments qui bénéficient évidemment aux speakers dans le cadre d’une prise de parole en public. Mon objectif est de provoquer le lâcher prise, de créer un moment où on ne réfléchit pas. Ce que j’aime, c’est faire apprendre sans que les participants ne s’en rendent vraiment compte. Avec le jeu, on peut arriver à un lâcher prise en douceur.

Le lâcher prise est un enjeu pour de nombreux orateurs. Est-ce le cas de tous vos stagiaires ?
La plupart du temps ces ateliers se déroulent lors de séminaires d’entreprise. Il n’y a pas réellement de résultats attendus ni demandés – du moins au niveau individuel. Les participants se laissent prendre au jeu : on est dans le registre d’une animation ludique. Ainsi, les stagiaires n’ont pas d’objectif clairement énoncé contrairement aux participants à une formation à la prise de parole en public. Ils sont là pour accepter d’oser. Ce besoin de « lâcher prise » est induit. Il s’exprime à travers les exercices que nous faisons. Je recrée une atmosphère de confiance, sans jugement. Il est indispensable que chacun évolue dans une ambiance bienveillante. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est un atelier qui s’adresse à tous et pas seulement à des orateurs chevronnés.projecteurs improvisation

Citez-nous quelques exemples d’exercices que vous proposez à vos stagiaires.
Il y en a beaucoup ! Entre vingt et trente exercices ! L’idée est de démarrer en douceur par des exercices que j’appelle : « les inratables ». Ils mettent les stagiaires en confiance.

Je débute souvent par un travail sur la démarche. Mimer une démarche qui n’est pas la sienne. C’est un exercice qui déclenche souvent l’hilarité générale ! Ensuite, on passe au verbal. Changer sa manière de dire bonjour avec des contraintes d’émotions : le coléreux, le pressé, le stressé, le joyeux…

Viennent alors les exercices d’improvisation pure. Par exemple, chacun doit faire un discours et le dernier mot prononcé par le participant précédent sera le thème du discours suivant. C’est donc au moment de passer devant les autres qu’on reçoit son sujet. Il s’agit de mettre en évidence les tics de langage, qui clôturent la prise de parole et qui sont récurrents comme le mot « voilà » – sous-entendu « c’est fini »… Cela révèle l’existence des mots « parasites » dans l’élocution. De manière ludique, on prend conscience de ses défauts et on apprend à fonctionner autrement.

Il peut également s’agir de jeu sur la voix : prendre un accent étranger, parler avec une voix d’enfant, modifier son débit… Très vite, les stagiaires se rendent compte que l’on peut jouer avec sa voix. Ensuite, je donne des contraintes supplémentaires : changer sa voix et démarrer son commentaire avec une lettre de l’alphabet par exemple. Ces contraintes permettent aux participants de gommer l’appréhension de la prise de parole en leur montrant que l’improvisation peut être simple et à la portée de tous.

speaker improvisation

En parlant d’improvisation justement, selon vous, quels sont les bénéfices de cette pratique pour les orateurs ?
Le lien est fort avec la prise de parole en public : un bon orateur, c’est quelqu’un qui incarne ses idées, qui sait leur donner vie, quelqu’un qui sait restituer l’énergie qu’il a en lui pour la communiquer au public. L’improvisation fait travailler l’énergie, la présence sur scène, dans un cadre ludique. J’ai vu des participants qui n’étaient pas à l’aise en prise de parole en public, se révéler littéralement devant un auditoire.

Les stagiaires apprennent à oser à travers des exercices ludiques : canalisation de l’énergie, enrichissement du vocabulaire, synchronisation avec la salle, la prise à partie de l’auditoire. Un bon orateur doit savoir jouer avec tous ces éléments.

Si vous deviez donner les conseils essentiels pour améliorer ses prises de parole en public à travers l’improvisation ?
Chacun détient la solution en lui, il faut juste le révéler. Savoir identifier et gommer tout ce qui paralyse, libérer l’énergie, les richesses intérieures et la fantaisie ; savoir prendre du plaisir à parler ; savoir s’amuser : le lâcher prise c’est ça. C’est supprimer tout ce qui nous empêche de nous amuser dans la prise de parole.

Il n’y a pas de mystère, les bons speakers ont acquis ce lâcher prise. C’est-à-dire qu’ils ont déjà travaillé ce que nous pratiquons lors des ateliers d’improvisation. Ils ont acquis de la confiance, de la fantaisie, et aussi de la culture. Les premières réactions sont généralement : « Je ne suis déjà pas à l’aise avec la prise de parole, alors s’il s’agit d’improviser, cela va être compliqué » ; « Ce n’est pas pour moi, je ne vais pas être à l’aise ». Finalement, dès le premier exercice, les stagiaires se disent « Ca ? OK, je dois pouvoir le faire. » Je démarre toujours par des exercices de groupe : les participants sont pris dans le rythme de l’animation. Tout le monde est logé à la même enseigne et sans aucun jugement, il n’y a donc pas de stress.

orateur improvisation

Qu’est ce qui vous touche le plus dans vos ateliers d’improvisation ?
Ce qui est formidable, c’est quand le groupe va plus loin que ce que je propose. Que d’improvisation en improvisation, les participants arrivent à reprendre des éléments des improvisations précédentes. C’est très fort et cela arrive très souvent. Je suis constamment bluffé, même après tant d’années !

À partir d’un même exercice, il y a toujours un participant qui me montre quelque chose que je n’ai jamais vu. Même avec un atelier de quelques heures, les métamorphoses sont réelles ! Ce que j’aime également, c’est quand les participants ont pris du plaisir et qu’ils sont heureux. Heureux de s’être prouvés à eux-mêmes ce dont ils sont capables. C’est un vrai déclencheur d’énergie et de confiance en soi !

Source des pictogrammes : The Noun Project

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