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La rhétorique, la voix(e) de la persuasion
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La rhétorique, la voix(e) de la persuasion

L’art de parler, de déclamer, de convaincre…La rhétorique, vous connaissez le mot, mais ne savez pas précisément ce dont il s’agit ? Sa maîtrise est pourtant au cœur de la prise de parole en public et peut vous apporter les clés d’une intervention mémorable. Mieux vaut faire connaissance rapidement avec cette discipline ancestrale !

Une origine antique

La rhétorique, voilà un savoir-faire qui ne date pas d’hier. Cette fois, il ne s’agit pas d’une technique mise au point par un communiquant ou un coach de notre siècle. Son origine remonte à la Grèce antique, plus précisément au Ve siècle avant J-C : à cette époque, la Sicile était une colonie grecque, placée sous le règne de tyrans. Lorsque ces tyrans furent chassés, les anciens propriétaires expropriés durent faire valoir leurs droits pour récupérer leurs biens au cœur de tribunaux populaires. Pour défendre leurs intérêts, un homme nommé Corax mit alors au point un traité d’art oratoire. La rhétorique était née.

Un siècle plus tard, ce fut au tour d’Aristote de reprendre le sujet et de l’étendre en y intégrant une dimension psychologique. Il découvre et met en exergue les effets psychologiques produits par la parole sur ses destinataires, les attitudes à adopter vis-à-vis de son auditoire susceptibles de donner au langage sa force de persuasion.

Au Ier siècle avant J-C, Cicéron à son tour aborde la rhétorique. Il lui voit un rôle central dans la vie du citoyen romain et popularise le concept. Enfin, au Ier siècle après J-C, Quintilien systématise les apports de ses trois prédécesseurs dans une synthèse qui prend la forme d’un traité d’éducation.

Aujourd’hui, la rhétorique est, selon sa définition, « l’ensemble des procédés et techniques réglant l’art de s’exprimer » et reste un outil pour mieux « s’exprimer, écouter et lire, analyser et comprendre, construire et déconstruire des discours ».

Une rhétorique, trois genres possibles

La rhétorique, au sens classique, opère dans trois genres de discours : le discours judiciaire, le discours délibératif et le discours épidictique. Trois types de discours qui interviennent dans des circonstances bien précises et délimitées :

  • Le genre judiciaire – sans surprise – engendre un discours dont la fonction est d’accuser ou défendre. C’est un genre qu’on retrouve tout naturellement chez les avocats notamment. Ce discours est lié au passé et sensé juger un fait accompli. Il détermine, et doit montrer, ce qui est juste et injuste.
  • Le genre délibératif, lui, vise à persuader ou dissuader. C’est un type de discours que l’on retrouve dans les conseils ou au Parlement par exemple. Il vise à encourager une action, ou au contraire, à tenter de l’éviter. Ce genre est associé au futur puisqu’il s’efforce d’amener l’auditoire à prendre une décision et s’applique à déterminer les valeurs de l’utile et du nuisible pour une société.
  • Le genre épidictif, aussi appelé démonstratif, a pour fonction de louer, blâmer, ou plus généralement d’instruire. Il s’adresse à un auditoire réuni à l’occasion d’un événement particulier, tel qu’un mariage, lors duquel on instruit les choses de la vie. Ce genre est à la fois tourné vers le passé, le présent et le futur : il s’agit de louer ou de blâmer une personne ou un groupe pour ses actes passés et ses actions à venir. Au final, ce discours donnera un trait admirable ou exécrable au sujet.

Convaincre, un objectif en trois tonalités

Maîtriser la rhétorique ne signifie pas simplement bien parler, mais aussi, et surtout remporter l’adhésion de son public. Et c’est là tout un art qui repose sur trois piliers nommés ethos, pathos et logos. Ces trois registres font appels à des facettes différentes de la compréhension de l’humain.

  • L’ethos tout d’abord (qui donna « l’ethique »), est l’image que l’orateur donne de lui-même à travers son discours. Est-il légitime ? Par son attitude, l’orateur s’attire ou non la bienveillance des destinataires. Mieux vaut opter pour un discours empreint de modestie, de bon sens, d’attentions… pour attirer les bonnes grâces de son auditoire.
  • En second lieu, l’intervenant vise l’argument affectif pour toucher son public en plein cœur, et “éveiller les passions” : la colère, la crainte, la pitié… C’est ce qu’on appelle le pathos, soit la charge émotionnelle du discours. Pour lui donner du corps, la parole peut prendre la forme d’apostrophes véhémentes ou encore d’exclamations. Le pathos joue directement sur la compassion ou la colère du public par exemple.
  • Le troisième pilier du discours, le logos, (la logique) représente la raison, le rationnel. C’est lui qui achève de convaincre un public qui ne peut qu’adhérer au discours développé.

Un discours persuasif tricote ces trois tonalités tout au long de son développement. Maintenant, à vous de jouer ! Si malgré cette entrée en matière, vous ne vous sentez pas totalement à l’aise lors de vos prises de parole,  pourquoi ne pas envisager une formation  ?

Source de l’image à la Une : Filckr (Phil Roeder)

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